La situation dans nos établissements pénitentiaires n’est plus seulement critique : elle est devenue explosive et structurellement intenable.
Chaque semaine, les chiffres tombent comme des couperets, brisant les records précédents. Aujourd’hui, les prisons françaises comptent 88 000 personnes détenues pour seulement 63 000 places. Ce record historique se traduit par une densité carcérale moyenne de 139 %, bondissant à plus de 200 % dans certaines maisons d'arrêt comme Limoges, Auxerre, Tours ou Amiens. Plus alarmant encore : 7 500 détenus dorment aujourd’hui sur des matelas au sol.
Pendant ce temps, chez nos voisins allemands, le taux d'occupation stagne à 80 %. Pourquoi ? Parce que la prison y est une exception, pas un réflexe. En France, nous marchons sur la tête.
L’administration pénitentiaire souffre : le personnel en première ligne
Pour les personnels de surveillance, la réalité quotidienne est devenue un enfer de gestion de crise permanente.
Contrairement aux idées reçues, la crise de notre système carcéral découle essentiellement d’un ciblage perfectible de la réponse pénale. Le véritable enjeu est de se demander qui l’on envoie en prison. En incarcérant de manière indifférenciée, le système sature les cellules au détriment d'une fermeté absolue et durable qui devrait être prioritairement réservée aux individus présentant une dangerosité endogène et aux auteurs d'atteintes aux personnes.
Il devient donc indispensable de différencier la nature des délits afin de n'incarcérer que les profils qui le nécessitent réellement.
Faute d'une telle rationalisation, et face à un taux insuffisant de peines alternatives ou à une trop faible saisine de la Libération Sous Contrainte, la machine judiciaire s'asphyxie. S'y ajoute une gestion immobilière catastrophique qui nous oblige à maintenir 108 établissements construits avant 1912... Le résultat est là :
ZÉRO sécurité, ZÉRO réinsertion
Une absurdité systémique : Si les hôpitaux fonctionnaient comme nos prisons, chaque citoyen qui consulte un médecin généraliste serait immédiatement hospitalisé. Le système de santé aurait explosé en quelques mois. C’est pourtant le sort de nos maisons d’arrêt : censées accueillir les profils les plus dangereux, elles servent aujourd’hui de déversoir
Nos revendications : Urgence absolue et Régulation Carcérale !
On ne réglera pas cette crise avec de nouvelles prisons trop couteuses et trop longues à construire. Une seule solution : pour désengorger, il faut limiter les entrées et favoriser les sorties.
Le Syndicat Interco CFDT Pénitentiaire exige des mesures immédiates et concrètes :
Les personnels pénitentiaires ne sont pas des variables d'ajustement. Nous refusons de payer de notre sécurité et de notre santé mentale l'incohérence des politiques pénales !
Pour préserver l'intégrité de nos missions et la sécurité des personnels, l'application d'un mécanisme de régulation carcérale ne peut plus attendre.
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